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Freitag, 30. September 2011

Observation Il s’agit d’une fillette de six ans et demi, adresse´e aux urgences pe´diatriques pour une tume´faction jugale gauche e´voluant depuis quelques jours. Cette patiente ne pre´sente aucun ante´ce´dent particulier hormis un e´pisode similaire survenu quelques semaines plus toˆt, spontane´ment re´solutif. La tume´faction est situe´e en regard de l’angle mandibulaire gauche, elle est rouge, indure´e mais indolore a` la palpation (fig 1a). Aucune hypoesthe´sie du V3 n’est note´e. L’e´tat ge´ne´- ral est conserve´ et l’enfant est apyre´tique. Le reste de l’examen clinique est sans particularite´. L’examen endobuccal retrouve une voussure vestibulaire dure en regard de la 36 en cours d’e´ruption (fig 1b). L’orthopantomogramme re´alise´ aux urgences est sans anomalie. Une e´chographie est alors demande´e, retrouvant une le´sion intramandibulaire, d’allure tissulaire, oste´olytique avec rupture de la corticale externe et extension aux tissus mous. Le diagnostic e´voque´ en premier lieu est celui d’oste´osarcome mandibulaire compte tenu du caracte`re agressif de cette le´sion. L’enfant est alors hospitalise´e en service d’oncologie pe´diatrique en vue de comple´ter le bilan radiologique (fig 2) et de pratiquer une biopsie osseuse sous anesthe´sie ge´ne´rale. La tomodensitome´trie faciale retrouve une le´sion oste´olytique arrondie au contact de la face late´rale des racines de la premie`re molaire (36) en cours d’e´ruption (fig 3a). Cette le´sion interrompt la corticale externe et s’e´tend effectivement aux tissus mous adjacents. Par ailleurs, une apposition pe´rioste´e est constate´e sur le versant externe du corpus, s’e´tendant de la 32 au germe de la 38. Du coˆte´ oppose´, on

Observation
Il s’agit d’une fillette de six ans et demi, adresse´e aux urgences
pe´diatriques pour une tume´faction jugale gauche e´voluant
depuis quelques jours. Cette patiente ne pre´sente aucun
ante´ce´dent particulier hormis un e´pisode similaire survenu
quelques semaines plus toˆt, spontane´ment re´solutif.
La tume´faction est situe´e en regard de l’angle mandibulaire
gauche, elle est rouge, indure´e mais indolore a` la palpation
(fig 1a). Aucune hypoesthe´sie du V3 n’est note´e. L’e´tat ge´ne´-
ral est conserve´ et l’enfant est apyre´tique. Le reste de
l’examen clinique est sans particularite´. L’examen endobuccal
retrouve une voussure vestibulaire dure en regard de la 36
en cours d’e´ruption (fig 1b).
L’orthopantomogramme re´alise´ aux urgences est sans anomalie.
Une e´chographie est alors demande´e, retrouvant une le´sion
intramandibulaire, d’allure tissulaire, oste´olytique avec rupture
de la corticale externe et extension aux tissus mous. Le
diagnostic e´voque´ en premier lieu est celui d’oste´osarcome
mandibulaire compte tenu du caracte`re agressif de cette
le´sion.
L’enfant est alors hospitalise´e en service d’oncologie pe´diatrique
en vue de comple´ter le bilan radiologique (fig 2) et de
pratiquer une biopsie osseuse sous anesthe´sie ge´ne´rale.
La tomodensitome´trie faciale retrouve une le´sion oste´olytique
arrondie au contact de la face late´rale des racines de la
premie`re molaire (36) en cours d’e´ruption (fig 3a). Cette
le´sion interrompt la corticale externe et s’e´tend effectivement
aux tissus mous adjacents. Par ailleurs, une apposition
pe´rioste´e est constate´e sur le versant externe du corpus,
s’e´tendant de la 32 au germe de la 38. Du coˆte´ oppose´, on

Une volumineuse tuméfaction cervicale chez un adulte


N. Nimeskern, A. Gleizal, J-L. Béziat
Service de Chirurgie Maxillo-Faciale (Pr. J-L. Béziat), Hôpitaux du Nord, 93 Grande rue de la Croix Rousse, 69317 Lyon Cedex 04.
Tirés à part : N. Nimeskern, à l’adresse ci-dessus.
E-mail : nicolas.nimeskern@chu-lyon.fr
OBSERVATION
Un homme de 58 ans consulte en novembre 2002 pour
une volumineuse tuméfaction cervicale paramédiane droite.
Cette masse est apparue trois ans plus tôt dans la région
hyoïdienne et a augmenté progressivement de volume en
s’étendant du côté droit. Elle s’accompagne depuis peu
d’une gêne à la déglutition qui motive la consultation.
À l’examen clinique :
— Inspection : la tuméfaction se situe à droite (fig. 1),
juste sous le bord basilaire, en avant du bord antérieur du
muscle sterno-cléido-mastoïdien, à cheval sur les régions
hyoïdienne et sous-mandibulaire, à distance de la clavicule
en bas. Elle est ovalaire et mesure environ 7 centimètres
de grand axe antéro-postérieur.
— Palpation : la tuméfaction est rénitente, polylobée.
— Mobilisation : la tuméfaction est fixée aux plans profonds
mais on n’observe pas d’adhérences cutanées.
L’examen endo-buccal est normal. L’examen laryngé au
miroir montre une simple voussure de l’épiglotte soushyoïdienne
avec absence d’effraction laryngée. L’orthopantomographie
est normale. L’échographie montre une
lésion sous-mandibulaire droite polykystique mesurant 52
par 35 millimètres. Le scanner confirme ces images
(fig. 2). Il objective bien plusieurs gros kystes séparés les
uns des autres par des cloisons épaisses et accolés en
grappe. Ils occupent toute la région sous-mandibulaire
droite et présentent une extension descendant dans la
région para-médiane droite au niveau du cartilage thyroïdien
jusqu’à l’isthme thyroïdien. La lésion se prolonge
dans la région sous-glottique et présente des rapports
étroits avec l’os hyoïde. La glande thyroïde et la glande
sous-mandibulaire droite sont normales. Enfin, une cytoponction
montre un liquide de kyste sans éléments spécifiques
ni contingent tumoral.
Quels diagnostics évoquez-vous ?
Figure 2 : Scanner cervical avec injection. a) coupe horizontale passant par le larynx ; b) coupe sagittale ; c) coupe frontale.
2a 2b 2c
Figure 1 : Aspect clinique : 3/4 face.
N. Nimeskern et coll. Rev. Stomatol. Chir. Maxillofac.
346
RÉPONSE
Devant une tuméfaction cervicale, différents diagnostics
peuvent être évoqués :
Pour les tuméfactions latérales
Un kyste des premiers ou deuxième arcs branchiaux :
l’aspect radiologique et la localisation sont compatibles
mais le diagnostic est habituellement plus précoce.
Une atteinte infectieuse ou tumorale des glandes
salivaires : l’histoire clinique ne va pas dans ce sens et la
glande sous-mandibulaire droite est normale au scanner.
Une pathologie vasculaire : phlébectasie jugulaire,
tumeur du glomus carotidien, lymphangiome kystique,
angiome, malformation artério-veineuse ont des aspects
cliniques et radiologiques différents et spécifiques.
Pour les tuméfactions médianes
Un kyste du tractus thyréoglosse : la présentation clinique
et les aspects radiologiques sont compatibles, bien que le
patient soit déjà âgé pour cette pathologie habituellement
observée chez l’enfant. Un kyste dermoïde : il siège habituellement
sur la ligne médiane du plancher buccal antérieur
et il n’a pas un aspect polykystique à l’imagerie.
La pathologie thyroïdienne : elle n’a pas non plus un
aspect polykystique et est habituellement située plus bas.
De plus, le scanner montre une thyroïde normale.
Les pathologies thymique ou parathyroïdienne sont situées
dans la région cervicale basse. Une laryngocèle externe, un
kyste bronchogénique auraient un contenu aérique.
Des pathologies ubiquitaires peuvent aussi
être évoquées
Adénopathie, lipome, hématome, kyste sébacé, kyste épidermique,
abcès ou cellulite, tumeur nerveuse : elles sont
peu probables compte tenu de la clinique et de l’imagerie.
Lequel vous paraît le plus probable ?
Devant ce tableau de tumeur liquidienne polykystique
apparue dans la région hyoïdienne, ayant des rapports
étroits avec l’os hyoïde et une extension laryngée, le diagnostic
le plus probable est celui de kyste du tractus thyréoglosse
(KTG). Une cervicotomie exploratrice s’impose
dans un but diagnostic et thérapeutique. Elle est réalisée le
27 mars 2003 sous anesthésie générale par une incision
cervicale en T inversé. La lésion est facilement clivée des tissus
environnants. Elle est très adhérente à l’os hyoïde dont
on résèque le tiers médian ainsi qu’un fin prolongement
fibreux se dirigeant vers la base de la langue sur presque
deux centimètres. L’examen anatomopathologique de la
pièce opératoire montre des follicules thyroïdiens dans les
parois des kystes confirmant le diagnostic de kyste du tractus
thyréoglosse. Les KTG sont des tumeurs bénignes développées
à partir de reliquats embryonnaires du canal
thyréoglosse, vestige de la migration de l’ébauche thyroïdienne
de la base de la langue à la région cervicale basse.
Soixante [1] à 80 % [2] des KTG surviennent durant les
deux premières décennies de la vie, mais des résidus du
canal thyréoglosse sont retrouvés chez 7 % des sujets adultes
[2]. Ils doivent donc être évoqués systématiquement
devant une masse cervicale chez l’adulte [3]. Les KGT sont
le plus souvent médians et sous-hyoïdiens. Ils peuvent
cependant se situer dans les régions sus-hyoïdiennes ou
linguales et se latéraliser lors de leur développement [3].
Les KTG entretiennent des rapports intimes avec l’os
hyoïde qu’ils peuvent traverser [3]. L’échographie et le
scanner montrent habituellement des images kystiques
hypodenses uniques ou multiples de taille variable. Des
zones solides peuvent coexister. L’IRM n’est pas nécessaire
au bilan [3]. L’examen cytologique du contenu kystique
montre habituellement un liquide pauci-cellulaire, avec un
ratio cellules inflammatoires, cellules épithéliales élevées
[4]. Le bilan doit s’assurer qu’il existe bien une glande thyroïde
normale car les KTG peuvent contenir dans leurs
parois des tissus thyroïdiens ectopiques constituant la seule
source hormonale. En cas de doute, une scintigraphie thyroïdienne
s’impose [3, 5]. L’évolution spontanée des KTG
se fait vers l’accroissement en taille, l’infection et la fistulisation
à la peau [3]. Les répercussions fonctionnelles, à type
de phénomènes compressifs sont très rares [3]. Les dégénérescences
sont évaluées à moins de 1 % chez l’adulte
[4]. Le traitement de référence reste l’intervention de
Sistrunk [1, 3]. Elle consiste à réséquer avec le KTG, le
corps de l’os hyoïde et un cône tissulaire en arrière de
l’os hyoïde sur le trajet supposé du tractus. Cette technique
apporte un taux de récidive inférieur à 10 %. Les
facteurs de récidive retrouvés sont l’exérèse simple, les
épisodes infectieux antérieurs et la rupture peropératoire
du kyste [2]. Le diagnostic n’est confirmé que par la présence
de follicules thyroïdiens pariétaux à l’examen anatomopathologique
de la pièce opératoire [2, 4].
RÉFÉRENCES
1. Lemaître A. Pathologie du plancher buccal. In: Piette E,
Reychler H, editors. Traité de pathologies buccale et maxillofaciale.
Bruxelles : De Boeck Universités, 1991:975-1009.
2. Ducic Y. Thyroglossal duct cysts in the elderly population. Am J
Otolaryngol, 2002;23:17-9.
3. Lebeau J, Raphaël B et Bettega G. Kystes et fistules congénitaux
de la face et du cou. Encycl Méd Chir (Elsevier Paris), Stomatologie,
22-037-H-10,1999,11p.
4. Yang YJ, Haghir S, Wanamaker JR, Powers CN. Diagnosis ofpapillary carcinoma in a thyroglossal duct cyst by fine-needle
aspiration biopsy. Arch Pathol Lab Med, 2000;124: 139-42.
5. Lim-Dunham JE, Feinstein KA, Yousefzadeh DK, Ben-Ami T.
Sonographic demonstration of a normal thyroid gland excludes
ectopic thyroid in patients with thyroglossal duct cyst. AJR Am
J Roentgenol, 1995;164:1489-91

Mittwoch, 28. September 2011

سريالات] ESET - Software سريالات] ESET - Software متجددة ومحدثة دوري وا يوميامتجددة ومحدثة دوري وا يوميا

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29-09-2011
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Dienstag, 27. September 2011

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Montag, 26. September 2011

Évaluation et traitement

Évaluation et traitement

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Cette section du site vous donne accès à divers outils de travail et ressources professionnelles, notamment à :

  • des outils d’évaluation, de dépistage et autres documents de travail relatifs aux troubles concomitants, aux problèmes de toxicomanie et de santé mentale et autres sujets associés ;
  • des guides destinés au corps médical et au personnel infirmier ;
  • des documents d’information et des directives quant aux traitements et aux modèles thérapeutiques, ou encore aux diverses approches recommandées avec certains groupes de population ;
  • de l'information concernant les programmes de traitement a CAMH.

Tout comme les problèmes de santé mentale et de toxicomanie diffèrent d’un patient ou d’un client à l'autre et sont particuliers à chacun d’eux, il en va de même des besoins d’évaluation et de traitement de chacun. Selon le Centre de toxicomanie et de santé mentale, « un dépistage, un diagnostic et un traitement précoces permettent d'améliorer les résultats du traitement et de réduire la durée des épisodes et le nombre de rechutes. » Grâce à une meilleure connaissance des outils, des pratiques et des directives en matière d’évaluation et de traitement, l’état de santé des patients ou des clients s’en trouvera amélioré, les bienfaits qu’ils retireront des soins reçus seront accrus et l’efficacité du système de santé tout entier sera renforcée.

CAMH offre des Services d´interprétation culturelle par l'intermédiaire d´interprètes dûment formés pour clients dont la langue maternelle n´est pas l´anglais et ceux qui sont malentendants. Les services d´interprétation et de traduction de documents sont offerts dans une variété de langues, y compris le français

Toxicomanie et santé mentale


Toxicomanie et santé mentale

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Dans cette section vous trouverez divers liens menant à de l’information générale (brochures, fiches de renseignements et autres ressources en ligne) sur la toxicomanie, la santé mentale et les troubles concomitants, et que vous pourrez imprimer et donner à vos clients ou patients.

Ces renseignements vous fourniront :

  • un aperçu des diverses drogues qui existent et de la façon dont leurs usagers en font un usage abusif ;
  • un aperçu des maladies mentales et de leur impact sur le bien-être des gens ;
  • des moyens de prendre des mesures positives en vue de lutter contre la toxicomanie ou une maladie mentale ;
  • des conseils pour savoir par où commencer lorsqu’il s’agit de trouver un traitement.

CAMH vous offre la serie 101 sur plusieurs sujets liés à la toxicomanie et la santé mentale. Ce sont des cours en ligne faciles et gratuits. 

Les services aux clients ayant un double diagnostic doivent être améliorés

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Actualités

Par Kim Goggins
Été 2005, Vol 8 n°4

Les troubles du développement sont plus fréquents que n’importe quel autre trouble chez les patients des hôpitaux psychiatriques ontariens, touchant environ 19 pour cent des patients hospitalisés, mais pouvant atteindre 36 pour cent dans certains établissements. Toutefois, les besoins de ce groupe unique sont largement ignorés.
Cette lacune des services a donné lieu à une étude triennale dirigée par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto, qui examine le profil de ce groupe de patients ainsi que ses besoins en matière de soins cliniques et de soutien. Selon le DYona Lunsky, chef de l’étude et psychologue du Programme de double diagnostic de CAMH, « les soigants et le personnel de soutien sont extrêmement frustrés par le manque de ressources pour leurs clients ».
Les personnes atteintes d’un trouble du développement ont plus de risques que le reste de la population d’avoir une maladie mentale, mais il existe peu de services spécialisés dans les hôpitaux psychiatriques et leur personnel est souvent mal préparé à gérer les clients ayant un double diagnostic (combinaison de trouble du développement et de problèmes psychiatriques). Actuellement, il n’existe que cinq unités spécialisées pour malades hospitalisés ayant un double diagnostic et huit programmes pour malades externes dans les établissements psychiatriques ontariens. Ces programmes ne desservent que 20 pour cent des clients ayant un double diagnostic. Le Dr Lunsky, professeure adjointe en psychiatrie à l'Université de Toronto, dit que plusieurs facteurs entravent les soins : le manque de ressources communautaires spécialisées, un financement limité, une formation insuffisante des professionnels de la santé mentale sur les troubles du développement et le manque de coordination entre le ministère de la Santé et des Soins de longue durée, qui subventionne les services psychiatriques, et le ministère des Services sociaux et communautaires, qui subventionne les services liés aux troubles du développement.
Lors de la première phase de l’étude, les chercheurs ont examiné les caractéristiques et les besoins de près de 13 000 patients, hospitalisés et externes, des hôpitaux psychiatriques ontariens en utilisant une base de données provinciale globale des projets d’évaluation de 1998 à 2002. Lors de la deuxième phase, ils ont enquêté auprès de neuf hôpitaux psychiatriques ontariens, ainsi qu’auprès de parties concernées des communautés, par le biais de visites sur le terrain, de groupes de discussion régionaux et d’entrevues avec des témoins privilégiés. L’enquête a révélé une préoccupation selon laquelle la plupart des membres du personnel ne recevaient qu’ une formation rudimentaire, si même ils en recevaient une, pour gérer les cas de double diagnostic. Ce manque de formation entraîne une médiocrité des soins, par exemple le fait de mal comprendre les comportements agressifs ou même le fait de poser un diagnostic erroné, ce qui peut conduire à un traitement inapproprié.
Selon Philip Burge, travailleur social et professeur adjoint en psychiatrie au département de psychiatrie de l'Université Queen de Kingston, en Ontario, « ces personnes sont aiguillées vers les services de traitement de la schizophrénie ou des troubles de l’humeur ou vers des services de réadaptation plus généraux et ne bénéficient d’aucun service spécialisé ».
Alex Conant, responsable de l’équipe mobile de consultation sur le double diagnostic du Providence Continuing Care Centre de Kingston, confirme la nécessité d’élargir les services spécialisés : « Les patients ayant un double diagnostic ne sont pas toujours en mesure de décrire avec précision leurs symptômes. Ils peuvent parfois recevoir plus de médicaments que nécessaire et ne pas être capables d’en signaler les effets secondaires, ce qui complique la tâche des personnes qui les soignent ».
Selon l’étude, les personnes ayant un double diagnostic ont tendance à passer plus de temps dans les hôpitaux psychiatriques que les autres patients. Bien que ces personnes aient besoin de niveaux de soins et de soutien plus élevés que le reste de la population, 12 pour cent seulement des quelque 400 patients ayant un double diagnostic et qui sont hospitalisés dans les hôpitaux psychiatriques ontariens devraient s’y trouver. Selon le Dr Lunsky, « globalement, les patients ayant un double diagnostic ont un niveau de soins recommandé supérieur à celui des autres patients mais ils n’ont pas pour autant un besoin supérieur en soins médicaux tertiaires ». Pourtant, 37 pour cent d’entre eux passent plus de cinq ans dans un hôpital. Ils continuent à y rester, non en raison de la gravité de leurs problèmes, mais parce qu’il n’existe pas de solution de rechange adéquate dans leur collectivité.
C’est pourquoi les spécialistes du double diagnostic demandent un accroissement des services communautaires. Les conclusions préliminaires de l’étude soulignent la nécessité de renforcer les moyens de soutien communautaires en santé mentale, comme les équipes communautaires de traitement actif et les établissements de traitement résidentiel qui proposent un soutien pour les besoins quotidiens ainsi que des services spécialisés comme du personnel infirmier en résidence, des interventions d’urgence et des liens directs vers des cliniciens dûment formés. Des lits réservés aux soins à court terme et aux soins de relève sont également nécessaires dans la collectivité, ainsi qu’une augmentation de la capacité d’accueil des hôpitaux généraux locaux.
La fourniture de soins appropriés passe bien évidemment par la disponibilité de ressources adéquates. Plusieurs nouvelles initiatives de financement des services de santé ont été adoptées au cours des deux dernières années, permettant la mise en place d’équipes spécialisées dans le double diagnostic, comme celle d’Alex Conant, qui couvre six comtés dans le Sud-Est de l’Ontario. L’équipe d’Alex Conant propose des consultations cliniques pour le traitement des clients ayant un double diagnostic, ainsi qu’une formation et une éducation, mais ses ressources sont ténues.
Le rapport final de cette étude, qui en est à sa deuxième année, sera publié en juin 2006. Le Dr Lunsky se montre optimiste et pense que les parties concernées tiendront compte des recommandations et reverront leurs pratiques pour mieux desservir ce groupe. L’étude a déjà contribué à rassembler les parties concernées : « Se rendre dans chaque région et donner aux gens l’occasion de s’exprimer a permis de tisser un réseau important et a mis les problèmes en évidence. Certaines personnes m’ont dit qu’elles avaient décidé de se rencontrer plus régulièrement pour mieux s’échanger leurs points de vue », a déclaré le Dr Lunsky.
Accédez au rapport de la phase 1 de l’étude

Les personnes atteintes d’un trouble du développement ont plus de risques que le reste de la population d'avoir une maladie mentale, mais il existe peu de services spécialisés dans les hôpitaux psychiatriques et leur personnel est souvent mal préparé à gérer les clients ayant un double diagnostic.

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